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Coeur des femmes et tabagisme

Dernière mise à jour : 19 mai 2021





En général, le risque cardio-vasculaire lié au tabagisme est soit méconnu,

soit très largement sous-estimé. Ce risque cardio-vasculaire est notamment méconnu pour les femmes. Leur statut hormonal fait qu’elles font leur accident cardio-vasculaire en moyenne 10 ans après les hommes. Elles sont donc plus protégées que les hommes par rapport au risque cardio- vasculaire. La moyenne se situant vers 65 ans chez les hommes, 75 ans chez les femmes.

Cependant, une femme qui fume, perd ce bénéfice cardio-vasculaire lié à son statut hormonal. On peut même dire que le tabagisme est le premier facteur de risque, et le plus important chez les femmes avant la ménopause, et autour de la ménopause.

Le tabagisme chez la femme en France a augmenté de façon très importante depuis une trentaine d’années et avec une prévalence qui est passée de 18 % en 1980, et qui a augmenté depuis pour atteindre près de 30 %.

En France existe ce contraste d’une augmentation très importante du tabagisme chez les femmes, alors qu’il a diminué très sensiblement chez les hommes. Cette évolution du tabagisme chez la femme est contrasté en fonction de l’âge. Les femmes autour de la ménopause (entre 45-55 ans, voire au-delà) ont un tabagisme qui augmente dans la population. Ces femmes arrivent justement dans les âges ou peuvent survenir les accidents cardio-vasculaires. Et c’est la raison pour laquelle elles risquent de faire les mêmes événements cardio-vasculaires que les hommes.

Tous les secteurs artériels peuvent être touchés. Les AVC – l’artériopathie des membres inférieurs – l’anévrisme de l’aorte abdominale ont augmenté de 3 %/an chez les femmes de 55 à 65 ans. Les dissections aortiques ont augmenté globalement entre 2000 et 2013 de

25 % sur l’ensemble des tranches d’âge des femmes.

A tabagisme égal, les femmes ont un risque de maladie coronaire qui est 25 % plus élevé que chez les hommes.

Cependant, le risque cardio-vasculaire ne dépend pas que du tabac. Chez les femmes de moins de 50 ans, les facteurs tels que le diabète, la surcharge pondérale ou l’obésité peuvent intervenir également de façon concomitante avec le tabac pour augmenter le risque cardio-vasculaire à cet âge précoce. Il y a une raison également très spécifique chez la femme, c’est l’association du tabagisme avec des contraceptions :

1) le type de contraception. Il faut savoir qu’une contraception progestative pure ne comporte pas de risques cardio-vasculaires particuliers et que c’est essentiellement l’œstrogène dans la contraception orale combinée qui va être déterminante. Plus la dose d’œstrogènes est importante, plus le risque cardio-vasculaire est important.

2) L’âge. La contraception orale combinée au-delà de 35 ans, n’est pas la contraception de choix, car elle commence, à cet âge-là à comporter en elle-même un risque cardio-vasculaire qui doit être évité.

3) Le tabagisme. Lorsqu’il y a association d’une contraception orale combinée avec le tabagisme, et qu’il arrive un accident cardio-vasculaire, le coupable est le tabac. Et donc le message clair, lorsqu’il y a une association tabac-pilule, c’est qu’il faut arrêter le tabac, et non la pilule.

Les bénéfices qu’il y a à arrêter de fumer en tant que femme :

1) Ils sont importants mais aussi rapidement obtenus. Les mécanismes qui amènent aux accidents cardio-vasculaires lorsqu’on fume, interviennent en temps réel. Ils jouent sur la coagulation sanguine. Les femmes exposées au tabac ont un risque de faire un caillot dans une artère. Mais dès qu’une femme n’est plus exposée au tabac, la coagulation est normalisée en une quinzaine de jours, et le risque disparaît.


2) Les effets sur la spasticité des artères qui intervient dans les accidents cardio-vasculaires va également disparaître rapidement. C’est important à connaître, car souvent, les gens pensent qu’ils ont fumé pendant trop longtemps, et que c’est irrémédiable. Ce qui est important à souligner, est qu’il faut arrêter le plus tôt possible. Plus on arrête tôt, moins on risque de faire un accident à un âge ou on ne devrait pas le faire.

Le tabac ayant une action sur les artères sur la durée, plus on arrête tard, plus on a une hypothèque résiduelle de risque de faire un accident qui sera supérieure à une personne n’ayant jamais fumé.

Une étude anglaise montre qu’une femme qui arrête de fumer à trente ans, voit son risque ultérieur de décéder par maladie coronaire, totalement annulé. C’est comme si elle n’avait jamais fumé. Si elle arrête à 40 ans, elle récupère quasiment 90 % du bénéfice. Le mieux est donc d’arrêter le plus tôt possible, et idéalement avant 30 ans. Cependant il n’est jamais trop tard pour arrêter. Même les personnes qui arrêtent à 60 ou 70 ans ont un bénéfice, en particulier un bénéfice cardio- vasculaire considérable.

C’est un message très fort à faire passer auprès des femmes.

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